Résumé commenté de la conférence de Patricia Saulnier : Les aménagements paysagers comestibles.

Patricia Saulnier est fondatrice de Perma-Vita, une entreprise spécialisée dans l’aménagement paysager comestible et la permaculture. Sa conférence, qui a eu lieu le 25 avril, avait pour titre « Les aménagements paysagers comestibles ». Ici, ce terme fait référence aux différents types de potagers et de jardins de subsistances dans la perspective de la permaculture. D’entrée de jeu, la conférencière a défini la permaculture comme une méthode de culture dont la caractéristique centrale est d’être un système durable, résilient, favorisant l’autonomie et la productivité. Les objectifs de la permaculture sont, selon Patricia, de prendre soin des humains et de la terre ainsi que redistribuer équitablement l’abondance.

Tout cela est vraiment bien mais comment fait-on pour réaliser les visées que notre conférencière a nommées ? Cette dernière a répondu à cette question en explicitant 8 éléments et je vous en présente quelques-uns. Le premier est l’observation et l’analyse du milieu. « Prendre son temps » est le mot d’ordre de notre conférencière. J’apprécie beaucoup ce premier élément parfois escamoté lorsqu’on est trop pressé. Cet empressement peut mener sur des déceptions. Le deuxième, obtenir une production. C’est vital, bien sûr. Le troisième, respecter un « cycle clos ». Ce terme signifie ne pas faire d’ajout de fertilisants. Patricia met l’accent ici sur la réutilisation de ce que nous possédons déjà. Le quatrième élément est d’éviter de produire des déchets. Cela veut dire éviter d’utiliser des objets qui seront jetés. Le cinquième est crucial : valoriser la biodiversité qui est, pour Patricia, la clé du succès.  Je vous en laisse un dernier : intégrer plutôt que séparer. Ici, il faut comprendre que notre conférencière ne favorise pas les sections de terre contenant qu’une seule sorte de légumes. La diversité est priorisée.

La suite de sa conférence s’est concentrée sur 4 sujets : les intrants, les fertilisants naturels, les produits phytosanitaires et la lutte biologique. En ce qui concerne les intrants, Patricia fait référence aux produits tels que l’argile que l’on peut ajouter à un sol sableux pour qu’il retienne davantage d’eau. La roche volcanique limite, quant à elle, le lessivage. Elle n’a pas fait référence ici à la richesse en minéraux de cette roche mais il semble s’agir du « basalte » proposé en granule ou en poudre. Vous pourrez trouver plus d’infos à ce sujet dans la revue Le Jardinet Édition Hiver 2024. Ensuite, le « biochar », que je ne connais pas, est un charbon pyrolisé que l’on tamise avant de l’introduire dans le sol. Il enrichie le sol et améliore la rétention d’eau. On peut se servir des morceaux de braises refroidies du foyer domestique, explique-t-elle. Autre élément, le « frass », que je ne connais pas non plus, est un « booster » fait de déjections d’insectes ainsi que de leur squelette. Le Jardin l’Écoumène le vend, entre autres, en boîte de 1 kilo pour 17 $ taxe incluse. Un dernier élément présenté par notre conférencière : l’Édaphon, un terreau composé de microorganismes vivants. Le Jardin l’Écoumène le vend au prix de 15 $ taxe incluse pour 9 litres. Vous allez penser que tout ce que je viens de résumer va à l’encontre l’élément no 3 « le cycle clos » énoncé par notre conférencière, c’est-à-dire, de ne rien ajouter. Je pense qu’il faut comprendre que Patricia fait référence aux produits utilisés lorsqu’on débute un projet de permaculture.

Notre conférencière continue en présentant les fertilisants naturels tels les composts, les fumiers de poule, l’émulation de poisson, les algues marines, l’os moulu. Suivent les produits phytosanitaires qui sont représentés par les purins, les macérations et de savon noir qui servent tous à se débarrasser d’insectes nuisibles. Enfin, la lutte biologique qui réfère au rôle de certains insectes qui nous débarrassent d’autres insectes indésirables. Par exemple, les coccinelles qui mangent les pucerons. Ici, je suis perplexe car les coccinelles peuvent devenir un problème sévère lorsqu’elles envahissent un milieu. Patricia ajoute le BDK, un Bacillus qui est un pesticide biologique utilisé pour contrôler les chenilles.

Enfin, Patricia aborde 3 types d’aménagements comestibles. Il y a, bien sûr, le potager usuel qui ne comporte pas de grands frais. Les potagers en hauteur fabriqués avec du bois demandent, quant à eux, temps et argent. Les serres peuvent être d’une grande utilité dans notre coin zoné 4a mais elles doivent être chauffées la nuit ce qui implique des frais élevés. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, la rotation des cultures est absolument nécessaire. Sur la photo ci-dessous, vous avez un plan qui permet une rotation facile des légumes. Je pourrais continuer d’ajouter des informations mais je m’arrête ici pour finaliser mon résumé par un remerciement et une gratitude à Patricia Saulnier qui a été généreuse en explications et qui a répondu à de nombreuses questions.

Marie Linda Turner